Avant d’attaquer cette journée, petit retour en arrière sur hier soir. Un petit détail, numériquement trivial sans doute mais philosophiquement invraisemblable : grâce au wifi gratuit du Murad Palace Hotel de Joao Pinheiro, nous avons regardé, en différé, le journal de la 2 sur notre petit téléphone de 160 grammes…

 

Et nous repartons pour cette dernière étape en voiture. Paysage similaire, savane plus ou moins arborée, de plus en plus ‘verte’ et mise en valeur (bétail, rampes d'irrigation) au fur et à mesure que nous approchons de Brasilia.

 

La voici enfin cette nouvelle capitale que je voulais tant visiter, après Yamoussoukro (Côte d’Ivoire, 1971), Washington (USA, 1976), Abuja (Nigeria, 2004), Canberra (Australie, 2008) et Nay-Piy-Taw (Myanmar, 2016) ! Chaque fois un pays sans histoire (mais rarement sans histoires…), chaque fois la même idée : bâtir, à partir de rien, et si possible dans un coin totalement isolé proche du centre de gravité du pays, une ville nouvelle, futuriste, symbole de l’avenir rayonnant dudit pays, et, pratiquement à tous les coups, entièrement consacrée à la voiture… Il en résulte un ensemble colossal, si vaste que les indications sont données en km ou dizaines de km, normalement construit autour d’une géométrie urbaine symbolique : étoile pour Washington, grand Y pour Canberra, fuselage et ailes d’avion pour Brasilia, brousse foisonnante pour Abuja… Le  problème récurrent, outre le sentiment de vide et d’artificialité, est l'impossibilité d’y circuler à pied. Autre problème : le futurisme n’a qu’un temps, et les signes du temps qui passe se font vite voir…

 

Dans la série, Brasilia est assez ancienne, en fait la plus ancienne après Washington. Fantasme du premier Président démocrate, Juvelino Kubitschek, associé à l’urbaniste Burle-Marx (!) et au ‘sublime’ Oscar Niemeyer (ni pire, comme dit le Routard…), elle a été construite pour 400 000 hab en moins de 4 ans (inauguration 1960) !

 

Au résultat, Brasilia est plutôt réussie, regroupant aujourd’hui 3 Mhab, et faisant preuve d’une relative ‘trépidation décontractée’ toute brésilienne. Après avoir tourné en (grand…) rond pendant 1h30, nous avons fini par trouver notre hôtel, assez près de l’intersection entre fuselage (de 10 km) et ailes courbées (20 km). Nobile Suites Monumental, tout un programme : petite suite 9eme étage, piscine sur le toit au 14eme, petit déjeuner pantagruélique, le tout pour 50€ ! Dommage que nous ne restions que 24h…

 

La découverte de la ville en voiture ayant été faite (…), nous partons à pied pour visiter :

  • Le sanctuaire Dom Bosco, une petite merveille de (grande) église entièrement en petits carreaux de verre bleu (16 nuances !)
  • Le quartier des ministères, tous alignés des deux côtés du fuselage, et tous identiques, sauf les Affaires Étrangères curieusement privilégié ;
  • La ‘place des trois pouvoirs’ (parlementaire, exécutif et judiciaire) regroupés dans le cockpit de l’avion ;
  • La cathédrale, verre et béton en couronne (d’épines ?), hélas fermée pour cause de célébration en plein air (en plein fuselage) de l’anniversaire de Nossa Senhora da Aparecida ; pas mal de jeunes dans la foule, en fait un reflet de la population du Brésil (âge moyen 31 ans !) où « tout le monde est catholique le dimanche matin et de rite africain (Candomblé Yoruba) les soirs de semaine »…

 

Ayant à midi ‘fait le plein’ (formidable churrasqueria de chez..  Carrefour !), nous soupons de quelques fruits (mamao/papaye, bananes) et nous couchons pas trop tard bercés par le clim...