Premier lever de soleil sur l’Amazone… J’en rêve depuis l’enfance… Sans doute depuis l’une des Belles Histoires de l’Oncle Paul (double page centrale du Journal de Mickey auquel j'étais abonné au Maroc) qui en parlait… Et puis un peu plus tard dans L’Oreille Cassée, où Tintin rencontre les Arumbayas…

 

Quelle impression, les amis ! Flotter sur cette immensité d’eau douce, l'équivalent de toutes les autres ressources en eau non salée de la planète ! Entouré d’une forêt grande comme 10 fois la France, sans âme qui vive – ou peu s’en faut...

 

Et en même temps, c’est aussi l‘occasion de s'émerveiller de ingéniosité humaine qui me permet de naviguer au sec, de prendre des photos, de vous les envoyer (curieusement il y a encore du réseau), de me repérer sur une carte (par satellite, sans connection internet et donc sans consommation de données !), etc, etc, etc. Incroyable.

 

Première nuit un peu courte, après ce départ retardé, premières impressions de navigation fluviale : très calme, avec de temps à autre quelques coups de roulis, en particulier au milieu de la nuit quand nous sommes sortis de l’influence maritime, l’adieu à l’Atlantique… Et ce matin, l'émerveillement, total, absolu, grandiose !

 

Petit dej, à bord bien sur, rien à voir avec le ‘café da manha’ décrit plus tôt, mais bienvenu tout de même, même avec le petit gobelet de café hyper sucré…

 

Presque 12 heures que nous remontons, en fait, le rio Para, sorte de ‘petit’ cousin de l’Amazone dans sa partie basse : leurs bassins versants sont si proches et si imbriqués que les rois du caoutchouc (?) ont aménagé un passage pompeusement nommé Canal do Veiera Grande ; mais nous n'y serons pas avant cette nuit...

 

L’eau a vraiment des teintes de thé au lait, un nuage. C’est ce qui la décrit le mieux. Nous croisons quelques bateaux, deux ou trois grosses barges poussées, et de nombreuses pirogues, la plupart à moteur (au bout d’une perche comme au lac Inle !), sauf une contenant 5 enfants et une maman pagayant tous pour rejoindre l'école !

 

La vie s’organise, dans ce milieu confiné, prisonnier de la grande…brune. Certains paressent dans leurs hamacs (Sue, puis moi). D’autres lisent (moi, Sue, une jeune brésilienne studieusement penchée sur Pride and Prejudice !). D’autres bavardent. D’autres jouent aux cartes. Un artisan fabrique des bijoux de fil de fer torsadé. La barmaid s’est transformée en manucure/pédicure et fait les ongles (tous) d’une passagère…

 

La cuisine du bord propose, miraculeusement, les 3 repas quotidiens. C’est ainsi que nous avons testé ce matin à 6h30 le ‘café da manha’, puis à midi ‘l’almorzo', et enfin ce soir le ‘jancar’, tous bons, copieux et peu chers (25 Reals ou 7€ par personne et par jour).

 

Premier arrêt : Breves. Partis de Belem avec 4h de retard pour cause de chargement gargantuesque, nous arrivons à Breves avec 1h de retard de plus, vite transformée en 2h pour cause de nouveau chargement, cette fois-ci 300 paquets de 30…manches à balai (ils n’ont pas de bois à Manaus ?!?). Si nous ne prenons pas de retard (…) aux 4 autres arrêts prévus, nous devrions donc arriver à Santarem vendredi à 16h et non plus à 10h… C’est encore bon pour notre vol du lendemain samedi vers Manaus (14h30)…

 

Un second arrêt 500m plus loin (…) nous apporte une dizaine de passagers de plus ; du coup nous montons notre hamac de sieste (le luxe) au pont supérieur, là où se trouve le bar… et la ‘musique’ qui braille nonstop depuis ce matin… M’enfin, demain le soleil se lèvera encore pour nous sur l’Amazone.