Frais au réveil (10…), convenable ensuite. Pas de place pour ce soir là ou nous avons dormi, donc, premiere chose, nous changeons d’hostal, même quartier. Et ensuite direction le ‘walking tour’.

 

Car nous avons rendez-vous pour un ‘tour à pied’ dans la ville avec Emerson Sample (neveu de Greg et Caroline, venu habiter Quito avec son amie Liza il y a x années). La trentaine, grand, mince, cheveux longs mi-bouclés, casquette-tshirt-jeans-baskets, il nous emmène, nous c'est-à-dire nous deux plus un couple d’ukraino-kazako néo-californiens, pour une promenade de 3 heures à la découverte du quartier… La Floresta, voisin du nôtre. Bon, on attendait plutôt le Centro historico, mais vale.

 

C’est que Quito est une (et oui, encore une…) grande ville de 2-3 Mhab, coincée entre deux plis de la Cordillère des Andes, mais à 2800m d’altitude tout de même, constituée d’une série de quartiers ‘centraux’ et d’une immensité de quartiers périphériques, océan de constructions blanches à toits plats qui montent ça et là à l’assaut de la montagne. Ici plus de quadrillage à la Colombienne, mais toujours le meme système de bus rapide circulant sur une voie réservée avec des gares au milieu des avenues.

 

Dans ce contexte, La Floresta serait plutôt le quartier bobo : un peu friqué mais pas trop, un peu artiste (boutiques, panneaux muraux de ‘street art’ qui semblent fasciner Emerson,…), un peu écolo (préservation des vieilles maisons classées, culture nature,…). Au total, tour sympa, bien aimé surtout les deux ‘points d’histoire’, l’un sur la ‘conquête’, l’autre sur ce qu’Emerson appelle la ‘dollarisation de l'économie’ et que je persiste à considérer comme un ‘pacte avec le diable’ compte tenu du quasi monopsone US sur les exportations ecuadoriennes (United Fruit sur les bananes, Standard Oil sur le pétrole). Et l’etasuniennisation de l'économie est bien visible (fast food, bagnoles, publicités,…), même si la Chine se fait de plus en plus présente (pressante ?).

 

Le point histoire sur la ‘conquête’ a aussi été instructif. Capitale des indigènes du coin, les Quitu, Quito a aussi été celle du nord de l’Empire Inca, dans son expansion à partir de Cuzco vers le sud et vers le nord du continent. Atahualpa, le dernier empereur inca y résidait d’ailleurs lorsque Pizarro et ses ‘dieux barbus à cheval’ ont débarqué par la côte Pacifique, le prenant d’abord en otage avant de l'occire et d’exterminer en moins de 2 ans ce qui avait été une si remarquable organisation humaine pendant presque un siècle. Étonnant d’ailleurs à quel point l’histoire et les esprits ont pu être marqués par cet empire d’assez courte durée en comparaison de ce qu’ont été les civilisations aztèque (Mexique central, 500 ans) et maya (Mexique sud et Guatemala, 1000 ans).

 

L'après-midi nous sommes allés en taxi (retour en bus) à 20 km au nord de la ville, à la Mitad del Mundo, un espace consacré à l’Equateur bien sur. Il y a là un petit pavillon Francia pour rappeler que c’est une mission française ordonnée par Louis XV, l'expédition Godin-Condamine (à ne pas confondre avec l'expédition Sanders-Hartmut des Sept Boules de Cristal) qui vers 1740 fut la première après Ptolémée à mesurer l’équateur avec précision. Pourquoi venir jusqu’ici pour ça ? Parce que l’endroit était dénudé et en altitude, deux facteurs propices à la manipulation du sextant et de la triangulation.

 

Et dire que Nico et Céline sont venus exactement au même endroit il y a 16 ans, lors de leur fameux parcours Ushuaia-Alaska, Usac 2001…

 

Un dernier point sur la Mitad del Mundo. A quelques centaines de mètres de là, on a retrouvé un alignement de pierres datant d’avant 1200 et qui suivait exactement la ligne de l’Equateur… Alors respect pour Ptolémée, et respect pour les Quitu et leur capitale Quito, mot qui dans leur langue signifie…le milieu !