Nouveau changement de pénates, mais dû celui-là à une nuit apocalyptique, faite de hurlements de moteurs divers, musiques de bar, braillements d’ivrognes, alarmes de voiture, sirènes de police, le tout culminant avec une conversation téléphonique animée de nos voisins chinois à 4h du mat. Un peu à bout, nous prenons refuge à l'hôtel Sebastian (quelques étoiles ou faisant comme si) pas loin de là... Donc, finalement, nous serons restés les 3 nuits dans ce quartier sympa (Mariscal), bien connu pour ses hostals de ‘back-packers’ (et de ‘flash-packers’ que nous sommes…), mais aussi pour ses bars et boites de nuit, sans avoir eu recours à l’adresse suggérée par Emerson dans un autre quartier et qui sonne pourtant si bien : l’Auberge Inn !

 

Et puis nous filons à Otavalo. 45’ de taxi pour arriver jusqu’au Terminal plein nord (Carcelen) en pleine ‘hora pico’ (6$}, puis 2h de bus assez confortable sur une belle route tournicotante de montagne jusqu'à la large vallée d’Otavalo, petite ville de 45000 habitants au bord d’un grand lac et dominée (menacée ?) par deux majestueux volcans, l’Imbabura et le Cotacaxi, tous deux la tête dans de gros nuages qui leur donnent justement l’air de fumer…

 

Au centre de la ville se trouve la ‘Place des Ponchos’, ce qui peut nettement faire douter de l'authenticité de la chose… Mis en garde par les guides divers et la rumeur touristique qui le présentent comme ‘LE marché artisanal du continent’, nous nous attendons à trouver la foule des ‘gringos’ avides de souvenirs souvent 'made-you-know-where’ et proposés par des revendeurs en mauvais globish… Eh bien pas du tout ! Nous sommes arrivés dans une merveille d'authenticité, de calme, de visages souriants et d’objets tous plus beaux et plus attirants les uns que les autres… Une superbe surprise. A nous faire vraiment regretter de ne rien pouvoir emporter avec nous, bien que la solution postale soit souvent suggérée…

 

Poursuivant jusqu’au Mercado Municipal, nous découvrons une autre merveille d'authenticité indigène, ayant composé avec l’organisation et la salubrité moderne : dizaines d’étals bien propres, bien numérotés, proposant tout ce que l’on peut trouver dans un marché otovalo ou autre de la région comme produits maraichers, d'élevage ou d’artisanat. Superbe.

 

Et pour finir le ‘séjour’ à Otovalo, nous nous asseyons à la Casa Andina, tout près de la Place des Ponchos, pour un ‘almuerzo’ à 2,50$ chacun : soupe de légumes, plat principal (viande ou poulet + riz + haricots + salade), dessert (mures au sirop), jus de fruit (guanabana/corrosol), le tout servi par une indigène adorable. Autant dire que nous sommes repartis drôlement regonflés pour les 3h de bus jusqu'à l'hôtel (2 interurbain + 1 urbain). Plus prosaïquement, le prix des bus a aussi contribué à nous redonner le moral : 3$ pour Quito-Otavalo, mais surtout 40 centavos pour 10km de bus urbain !!

 

Ce qui nous a le plus plu à Otavalo c’est la rencontre avec les indigènes. Bien sur ça gratte un peu, ‘indigènes', mais c’est ethnologiquement correct et tellement préférable à ‘indiens’ ! Dès la sortie de Quito, nous avons commencé à en voir : taille plutôt petite, cheveux longs tressés en une grande natte dans le dos tant pour les hommes que pour les femmes, couvre-chef quasi automatique (panama blanc ou petit feutre noir) ; avec une nette différenciation tout de meme dans l’habillement : longue jupe droite sombre + blouse blanche brodées aux manches bouffantes de dentelle + châle foncé sur les épaules + multiples rangs de colliers minces ‘en or’ dont le nombre semble fonction de l’âge + ‘espadrilles’ au dessus de feutre pour les femmes, et, pour les hommes, blanc impeccable de la tête aux pieds. Magnifique. Et il ne s’agit nullement d’habits de fête ou de circonstance mais bien de leur quotidien, certes plus facile à maintenir en milieu rural.

 

Et, malgré un total d’heures impressionnant passé en transports (1h taxi + 6h bus), Nous rentrons vraiment enchantés de notre escapade à Otavalo.

 

Un dernier mot, soufflé par Sue, sur les Panamas. D’abord, ils ont bien failli nous faire craquer. Mais surtout, ils sont fabriqués en… Ecuador, principalement dans la région de Cuenca, et ne s’appellent Panamas que parce que les Étatsuniens les avaient adoptés lors de la construction du Canal… Dont acte.