Nuit très bruyante : musique tonitruante et continue dans les bars voisins jusqu'à…5h du mat ! Et comme aucun hôtel d’AmSud ne connaît le double vitrage, nous changeons de crèmerie. Cette fois-ci ce sera Miraflores, et il faut donc comprendre Lima, « ville tentaculaire aux rythmes chaotiques » (LR).

 

Lima, c’est 1/3 de la population du Pérou, soit 10 Mhab… La taille de Rio, quoi. C’est donc encore une métropole éclatée en plusieurs ‘quartiers’, pour lesquelles le terme de ‘sous-villes’ seraient plus indiqué tant les distances sont grandes : un carré de 30 km de coté. Le Lima historique, le Cercado, est le plus près de la montagne ; son port, Callao (là où le bateau où se trouve le Professeur Tournesol, le Pachacamac, est tenu en quarantaine par le commandant du port, un Quechua…), est plus au nord-est ; mais les deux quartiers où il faut vivre sont Miraflores et Barranco, tous deux plus modernes, plus ‘surs’, et plus sympas car ils sont côtiers.

 

10 km de distance entre le Centro et Miraflores…, effectués en taxi (sans compteurs au Pérou), pour trouver un petit hôtel sans prétention, dans une rue calme, le dimanche matin… Et nous partons à la découverte de Miraflores. Très vite séduits par les rues et avenues larges et boisees, les constructions modernes, l'atmosphère générale, bien loin des rues étroites et sinistres, des constructions décrépites et des rues délabrées du vieux Lima.

 

Et puis il y a le front de mer, très bien mis en valeur, bien que se situant sur la falaise une bonne centaine de mètres au dessus des plages, et qui en ce dimanche matin est presqu’envahi par les promeneurs, les joggeurs et les cyclistes. 100m au dessus des plages, ça ne dérange personne, vu que l’eau est encore frisquette (17-18) et le sable un peu caillouteux et un peu noir, et il n’y a en fait que les surfeurs qui s’y risquent, glissant plus ou moins longtemps sur des vagues qui, vues d’en haut, nous paraissent bien gentilles par rapport à celles de Capbreton…

 

Au bout d’un moment, nous louons des vélos pour 2 heures et arrivons au quartier suivant, Barranco, encore plus bobo que Miraflores, où nous prenons un déjeuner péruvien avec plein de bonnes choses aux noms peu intuitifs : ceviche (salade de poisson cru), chupe (oui, c’est de la choupe de poisson), cuy roti (cochon d’inde…), chicha (boisson à base de maïs), etc. Très bon.

 

Pour digérer, nous marchons vers le nord jusqu'à la Huaca Pucllana, ancienne pyramide sacrée des limas (100-700 de notre ère) construite en millions de petites briques de terre grise et reconstruite à l’époque tous les 10 à 15 ans… preuve parmi énormément d’autres de l'existence et de la vitalité des civilisations pré-incas. Le site étant entièrement en terre poussiéreuse*, mes belles pompes cirées à Cali n’y résistent pas et je dois au retour me repayer, avec plaisir, une nouvelle session dans le parc central, à deux pas de notre hôtel, au son d’une salsa endiablée que dansent tous ceux qui veulent au milieu d’une fosse creusée dans le parc, sous les yeux d’une bonne centaine de spectateurs qui les encerclent ! Un dimanche après-midi à Miraflores.

 

Ainsi donc, nous sommes au Pérou, à Lima, nous ne rêvons pas… Nous sommes redescendus au niveau de la mer après une dizaine de jours passés à 3000m sans aucun problème. Et demain, en partant vers Arequipa, à quelque 700 km au sud-est, nous remontons à 2300 ! Le yoyo, quoi.

 

Ou le jeu de piste, plutôt, car depuis Quito et Otavalo, nous refaisons en sens inverse le chemin de Nico et Céline en 2001…

 

 

*Pourtant située en bord de mer, Lima est la 2ème capitale la plus sèche du monde (après Nouakchott…) : Il n’y pleut que 12 mm par an !