Ouais, en bus, mais quel bus ! Matez un peu les photos : deux étages, sièges énormes et inclinables à 160d, toilettes (solo liiquidos !), prise de recharge tel à chaque fauteuil,… il faut bien ça pour les durées de voyage ‘courantes’, entre 7 et 13h, mais tout de même : quel confort ! Et tout ça pour pas cher du tout : 400 km pour 15$ !

 

Donc nous sommes partis ce matin en direction de Puno et du lac Titicaca, après une autre nuit très moyenne due aux effets combinés des rhumes et de l'altitude… M’enfin, deux heures plus tard, ça va pas mal. Le bus ne dépasse pas le 40, la route ne tourne pas trop, donc très confortable (à part les coups de frein pour les ‘rompe-muelles...). Nous suivons une série de vallées très plates et donc toujours cultivées (maïs, p.de terre, haricots, j’ai même cru voir du riz !, quelques bovins en pâture) et habitées (petites maisons basses en briques de pisé, aux toits de tuiles ou de tôle ondulée, de plus en plus dispersées).

 

Ca monte un peu : 3700m, 3800m,…Altiplano nous voici ! 4000m, et ça continue…Tiens, des moutons. Et voici un péage, à 4150m… Le bus est maintenant à 30 à l'heure… 4250m, on dirait une vente aux enchères ! Col à 4338m ! Maintenant, it’s all downhill jusqu'au Titicaca. Et pour les rails aussi que nous suivons depuis Cuzco. Oui, il y a aussi quatre ou cinq trains par semaine mais à un prix fou : 25 fois celui du bus ! Top, vu des llamas, au piquet. Nous croisons un autre bus de la Transzela…arrêté sur le bord de la route, il a du chauffer… Quel paysage ! Montagnes un peu arrondies, touffes d’herbes jaunes drues, de l’alfa, de l’herbe à llama. La Mongolie, ou la Mandchourie, doivent ressembler à ça. Ici, c’est le Pérou : 2,3 fois la France, 38 millions d’habitants, 84ème à l’IDH, et quel spectacle !

 

Downhill, enfin, je me comprends : le lac étant à un peu plus de 3800, on ne descend pas beaucoup. En fait, on ‘altiplane’... Voici Pucara (non, pas Pokhara, bien que ça doit drôlement y ressembler), 10 minutes d'arrêt pour ‘solidos’ (sanduchas, banos,…). Et c’est reparti pour Puno dans 2h. Coup sur coup, et ça se voit de loin, vu des flamands roses flâner dans le cours paresseux d’un oued (pas beaucoup de pente, le pauvre), et ça et là des cimetières sans clôture mais avec plein de guirlandes et décorations métalliques qui brillent et ‘grignotent’ (comme disait Marine) au soleil dans la plaine infinie.

 

Plaine infinie sans le moindre nuage : la température descend la nuit (8-10), et il ne faudra pas oublier de compter les étoiles ce soir à Puno…

 

Arrivée Puno vers 15h30 comme prévu, et, comme prévu, un gars nous attend avec un super panneau ‘Sue PREFOL’, et nous conduit â l'hôtel. Puno, petite ville (125 000 hab, c’est la plus petite de nos escales), est sans ambition, ainsi que l'affichent ses constructions uniformément couleur brique car uniformément non plâtrées. Alors qu’elle est joliment étagée sur les collines descendant jusqu’au lac, sa vue d’ensemble est donc plutôt mocharde. Heureusement le lac Titicaca est là pour égayer et nous y descendons à pied pour la 1ère photo de ses rives (« A las orillas del Titicaca, Grave tu nombre sobre l’arena »). Mais plus demain sur le sujet.

 

Diné en ville pour 5 Soles chacun, soit… 1,6 € ! D’accord, c'était léger, mais c’est notre record et il va être difficile de faire mieux… Rentrés à l'hôtel, nous apprenons que notre bus pour Copacabana (plus demain aussi pour ça) part à 6h et qu'il nous faut donc nous lever à 4h30. Ca va devenir une habitude…

 

Du coup nous n’avons pas compté les étoiles ce soir, mais nous nous rattraperons demain !