Non, il ne s’agit pas de la plage de Rio où nous serions rapatriés pour cause de mal d’altitude aigu ! Il s’agit bien d’un endroit en Bolivie, une toute petite ville (6000 hab) sur le bord du lac Titicaca, ancien centre cérémoniel inca puis ‘siège’ de la sainte patronne du pays, auprès de laquelle un moine brésilien en perdition près de Rio aurait fait un vœu, nommant ainsi la célèbre plage brésilienne d'après le petit port bolivien… Toujours est-il que c’est notre destination dans un bus vraiment brinquebalant, entre 6h et 9h du matin. Si les formalités de passage de frontière à Yunguyo (3km avant Copa.) se passent normalement.

 

Nous avons prévu une halte lacustre dans cet endroit, avant de rallier La Paz demain (3h de route également), puis, après 2 nuits dans la capitale économique du pays, de descendre vers le sud et la frontière argentine, en bus puis en… train. Cela signifie donc, entre Puno et Uyuni, une petite semaine sur l’Altiplano autour de 4000m. Or nous commençons à ressentir quelques symptômes du MAM, le Mal Aigu des Montagnes, surtout Sue, principalement ‘l’essoufflement au repos’ qui la gêne la nuit… Donc, obligés de penser à un ‘Plan B’ : nous pourrions abréger le séjour à La Paz et prendre un avion pour ‘descendre’ à Sucre, capitale administrative, qui n’est ‘que’ à 2800m, soit l’altitude de Bogota. Décision demain matin.

 

En attendant, nous voici arrivés à Yunguyo, la frontière bolivienne. Une formalité. Aucune envie des Boliviens, au contraire des Péruviens, de savoir comment nous allions sortir de leur pays... Et puis voici Copacabana, nichée entre deux petits mamelons au bord du lac. Sacs au dos, après une bonne truite du lac, nous faisons les 2-3 km qui nous séparent de notre point de chute, encore une fois magnifiquement trouvé par Sue. Cette promenade ombragée de bord de lac, à petits pas mesurés, restera un moment magnifique pour nous : des eaux d’un bleu profond, intense, le sentiment de l’infini en regardant l’horizon (presque courbe…), et toujours la ‘présence’ tutélaire des grands anciens de chez les Incas, en particulier de Manco Capac et de Mama Occla, son épouse et soeur, qui sont réputés être sortis des eaux du lac pour créer la nation et l’empire incas. Et aussi, bien sur, la présence de Nico et Céline, il y a 17 ans ! Mais contrairement à eux, nous n’irons pas jusqu'à l’Ile du Soleil, toute proche, nous avons choisi de nous reposer dans notre ‘EcoLodge’ – un groupe de 7 cabanes en dur étagées sur la colline face au lac - où nous sommes les seuls clients...

 

Nous repartons en ville vers 15h - enfin 16 puisque nous avons regagné une heure en progressant vers l’Est – pour retirer des BOB (Bolivares Bolivianos), visiter la cathédrale s’il vous plait - celle qui abrite la Virgen nationale, dont on change les habits tous les 3 mois, et c’est demain – et faire quelques courses, alimentaires et pharmaceutiques : nous allons en effet essayer les ‘Sorotchi Pills’, un mélange d’aspirine, solofine, et caféine (!) spécialement mis au point en Bolivie pour lutter contre les symptômes du mal des hauteurs (‘soroche’ en espagnol) ; et continuer à prendre du ‘mate de coca’, infusion de feuilles très efficace.

 

Magnifique coucher de soleil en rentrant… sur ce lac géant, le plus grand navigable au monde, le plus haut perché aussi, qui est réalimenté par des dizaines de torrents et rivières mais qui ne compte qu’un seul exutoire, tellement l'évaporation est énorme à cette altitude, lequel exutoire a d’ailleurs été nommé rio Desaguadero ou ‘rivière sans eau’ !