Nuit exceptionnelle. Vraiment. Le premier bruit ? Une petite mouche paumée dans la grande ‘cabane’, et ce vers 8h30… Quand on saura que nous avons éteint à 9h hier soir, et que Sue n’a plus ressenti aucune douleur de respiration, on comprendra qu’il s :agissait bien d’une nuit exceptionnelle ! Ouf.

 

Donc, nous allons dérouler notre Plan A comme prévu, avec un départ en bus pour La Paz à 13h30 et une arrivée vers 17h dans la capitale la plus haute du monde ! Ce qui nous laisse plein de temps ce matin, après une excellente douche solaire, pour une petite balade au bord du lac..

 

La piste continue de suivre le lac, qui ce matin a des aspects moins solennels, plus utilitaires. C’est ainsi que nous croisons d’abord une paysanne qui, cramponnée à la pente de la colline de l’autre côté de la piste, prépare un tout petit lopin fait de deux mini ‘terrasses’ où elle va planter des ‘papas’ qu’elle récoltera en février-mars ; ensuite, c’est un couple de pêcheurs qui, après une nuit de travail au petit filet, décharge sa pêche d’environ 150 truites du lac rutilantes qu’un taxi emportera, avec madame, jusqu’au marché de Copacabana ; enfin, encore plus loin, c’est un homme qui tue le temps en attendant que les quatre grandes couvertures rayées qu’il a apportées dans une brouette pour les laver, finissent de sécher sur les galets du bord de lac. Et n’oublions pas hier, cette dame aymara, croisée au meme endroit, et qui filait la laine d’alpaga en marchant !

 

Retour chez nous, café, messages, et changement de réservation à La Paz au profit d’un Hostal Copacabana tenu par les mêmes propriétaires qu’ici ! Taxi en ville, au pied du bus, ‘asientos libres, embarque a la una’…

 

Nous y sommes. Et la première heure, celle où l’on traverse la péninsule de Copacabana jusqu'au détroit de Tiquina, est probablement la plus belle route, en tout cas la plus spectaculaire, que nous ayons connue… de notre vie ! Sans exagération. Imaginez un paysage de haute montagne aux croupes nues, quasi désertiques, entourées de toute part des eaux bleuissimes du lac, avec des points de vue pratiquement ininterrompus à 360 degrés, et au loin les sommets pointus et enneigés des volcans andins culminant à près de 7000m…

 

Pour traverser le petit bras d’eau (environ 500m) de Tiquina, tout le monde descend ! Les passagers s’entassent dans de petites ‘vedettes’, tandis que le bus vide traverse sur une plateforme motorisée a peine plus grande que lui. Ensuite, bye-bye beau lac, et autoroute jusqu'à La Paz : en fait, une ‘4 voies’ tracée sur le bord nord de l’altiplano et longeant à sa gauche la chaîne des Andes, et à sa droite une énorme plaine très habitée, à perte de vue. Pas de doute, nous aarrivons dans les faubourgs de La Paz.

 

El Alto. Énorme embouteillage. Digne du Caire… Pourtant déjà 3 lignes de téléférique… Tiens, une statue du Che ! C’est vrai que sa première épouse était bolivienne… Et soudain, la ville, toute rose, immense, qui semble se déverser dans une vallée 800m plus bas ! Un peu comme un entonnoir coupé en deux, dont on aurait placé le haut vers 4200m et qui se terminerait vers 3400m par une vallée encaissée, celle du rio… La Paz. Autrement dit, le plat dans cette ville, connaît pas. Ainsi pour aller manger un morceau à deux rues de chez nous, nous avons l’impression d’avoir fait un gros dénivelé cumulé...

 

Notre hôtel est à peu près au milieu de l’entonnoir, dans une rue extrêmement active pour ne pas dire encombrée de marchandes des rues, assises à même le trottoir ou la chaussée, avec leur petit chapeau sur la tête, leurs jupons et leur baluchon toujours énorme et toujours en tissu rayé à base de rouge.

 

Pris en arrivant les billets de bus pour Oruro vendredi 24 matin. En croisant les doigts…