Gros morceau qui nous attend aujourd’hui : près de 500 bornes de Cordillère, avec départ à 1200m, col à 4400m, et redescente à 2400m, le tout pour environ 8h de bus !

 

Le terminal de Jujuy est flambant neuf, il a tout d’un aéroport : espace, fauteuils, wifi, et annonces anxiogènes. Il faut dire que les bus en Amérique du Sud, c’est vraiment la solution pour le transport interurbain ; et les véhicules, surtout en Argentine et au Chili sont bien plus confortables que des avions. De quoi rendre Macron jaloux.

 

Bon, déjà un peu de retard… Pas trop car finalement le voilà notre Geminis Bus, flambant neuf aussi. Retour sur nos pas sur environ 60km (Pumamarca), puis à gauche à l'embranchement, et en avant l’inconnu. Forte montée rapide en lacets jusqu'à 4200, puis descente à 3800 sur l’altiplano, ou plutôt l’alti-boursoufflé d’abord, puis deux grandes salines, puis remontée lente jusqu'à 4200 : Paso de Jama, poste frontière mixte (guichets des deux polices côte à côte dans le même bâtiment), durée environ 1h. Ensuite, l’altiplano continue, imperturbable, remonte effectivement jusqu'à 4400 puis redescend un peu.

 

Cette route dans le désert est vraiment magnifique. Peut-être pas aussi spectaculaire que celle de Copacabana à La Paz, mais presque. Extraordinaires plateaux à près de 4000, juste quelques touffes d’herbe rabougrie comme traces de vie, quelques grandes salines qui accentuent le caractère désertique des lieux, également souligné par d’infinies lignes droites…

 

Plateau ‘repas’, et c’est reparti pour les 157 km (2h) jusqu'à San Pedro. Coté Chilien c’est encore plus désertique, presque des dunes de sable. Et ça monte, ça monte, col à 4821m ! Un col 14m plus haut que le Mont Blanc ! Descente sur San Pedro. Spectaculaire. C’est pas le Pérou, c’est la lune !

 

Arrivée au Terminal de los Buses de San Pedro. Achat des billets pour Calama demain matin. Taxi jusqu'à Rex Lagarto (alias the Lizard King, aka…Jim Morrison). Ambiance ‘conviviale’, murs et portes en papier à cigarette, toutes les ‘chambres’ donnent sur  une espèce de puits central où couine la télé… Très sympa… Et ce soir grand barbecue sur la terrasse… Et quand commence cette agréable soirée ? A partir de 22h… Et quand finit-elle ? Ah, ça, difficile à dire, c’est samedi… Bon, eh ben, on se tire.

 

A pied jusqu'au terminal, 2 km dans le vent et la poussière, échange de billets et de compagnies de bus, on part tout de suite pour Calama, soit 1h40 de route de plus… Juste le temps de boire une limonade pour rincer la poussière ; le gars du bistro, Sergio, est très sympa : si vous cherchez un hôtel pour dormir là-bas je vous conseille l'hôtel…Ibis (!) et il nous réserve une chambre par courriel !

 

Ce dernier tronçon de route au soleil couchant est une splendeur, la lumière dorée gomme les aspects menaçants du désert et le rend adouci, caressant, chatoyant même... Nous débarquons a l'hôtel fourbus par 10h de bus, l'épisode San Pedro, et aussi tant de sublimes paysages…  Mais les ‘retrouvailles’ avec l’Ibis sont un grand réconfort !