Survol de la Patagonie chilienne...

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...jusqu'à Punta Arenas, au bord du Détroit de Magellan (réplique de sa caravelle ci-dessus)...

      

...sous un vent à décoiffer les cheveux qui nous restent...

      

 

Rapide coup d'oeil à Punta Arenas, la 'ville du petit Nicolas' (Robineau)...

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... où cexistent le moderne (radar) et l'ancien (maison de la veuve de "l'inventeur des moutons en Patagonie").

      

      

 

Après l'avion, le bus, à travers la pampa, 3h jusqu'à Puerto Natales...

      

 

...petite bourgade australe où nous passons la nuit après une soupe bien chaude.

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C’est loin la Patagonie, papa ? Tais-toi et vole… Ou pédale, ça dépend de la blague ! Toujours est-il que nous partons ce matin pour Punta Arenas, à seulement 250 km d’Ushuaia. Enfin, en ligne droite. Parce que par la route il y en a plutôt 650, vu le nombre de lacs et de fjords qu’il faut contourner, et le détroit de Magellan et le Canal du Beagle (le bateau de Darwin) qu’il faut traverser… Et tout ça pour trouver un temps de printemps, un temps de saison quoi : 6-8 degrés au plus chaud de la journée, de la pluie fine et froide quasi tout le temps, un vent assez constant de 50-70 km/h, et une visibilité de m…. Que faire ? Que feriez-vous à notre place ?

Eh ben nous aussi ! C’est maintenant officiel : USHUAIA EST ANNULÉ. Et le fameux parc Torres del Paine, accessible de Puerto Natales, itou. A la place, en remontant vers Buenos Aires, nous nous arrêterons à Trelew (gros village…gallois !) pour visiter la réserve naturelle de la péninsule Valdez, qui, dit-on, a au moins autant de pingouins qu’en Patagonie australe (mais sans anoraks…) et plein d'autres bestioles, genre lions de mer et baleines...

De fait, nous sommes donc en transit,… transis dans cet aéroport un peu désert en ce samedi matin 16 décembre. Pas comme ce gentil chien jaune au yeux doux et à moitié endormis de confort qui se pelotonnait tout à l’heure sur une moquette et tout près du radiateur entre deux portes d'entrée de l'aéroport… L’occasion pour moi d'évoquer ces innombrables chiens errants chiliens, en ville comme à la campagne, jamais agressifs, le plus souvent bien portants et propres, jouant entre eux et ne demandant rien à personne puisqu’ils peuvent déchirer les sacs poubelles comme ils veulent, et, le plus étonnant, que personne ne rembarre ou envoie promener : ils sont un peu comme des oiseaux, qui vivent leur vie, et auxquels on ne fait plus attention…

Notre programme des prochaines heure et prochains jours est donc le suivant (on se le note pour nous-mêmes avant tout ) :

  • 16/12 : à notre arrivée à Punta Arenas, bus pour Puerto Natales, soit 240km et 3h de retour vers le nord-ouest ; nuit sur place
  • 17/12 : bus pour El Calafate, soit 265 km et 5h plein nord, et entrée en Argentine ; nuit sur place
  • 18/13 : visite du parc des glaciers à moitié en bus à moitié à pied, et notamment le plus célèbre d’entre eux : El Perito Moreno !
  • 19/12 : repos à El Calafate (au chaud ?)
  • 20/12 : vol vers le nord-ouest et la côte Atlantique (Trelew)
  • 21/12 : location de voiture (1 jour) pour visiter la péninsule Valdez
  • 22/12 : vol pour Buenos Aires, où nous allons louer un petit studio pour une semaine et rayonner (de soleil, on espere…)

Après ça, on verra !

Nous survolons des terres de plus en plus australes, et, malgré la forte couverture nuageuse, nous entrevoyons des cimes enneigées qui ‘tombent dans l'océan’… Et voilà même un long glacier blanc-bleu qui s'étire tout droit dans l’eau bleue…

Nous y sommes. Le taxi, ‘non official’, nous arrête à un ‘mirador’ pour contempler, ployant sous le vent (« Solo es una brisa, senor ! ») le majestueux Détroit de Magellan ; puis un peu plus loin, un panneau P.Arenas devant lequel il nous prend en photo (pour un coucou à Nicolas Robineau !) ; encore plus loin enfin pour jeter un rapide coup d’œil sur la réplique du bateau de Magellan ! Devant inexistence d’un Terminal unique, il nous dépose ensuite devant une compagnie de bus, à charge pour nous de faire les autres… En fait, il nous en faudra à peine trois pour trouver deux places dans un bus Fernandez qui part à 16h. Juste assez pour avaler en vitesse un ‘menu del dia’, et parcourir à grandes enjambées, et en roulant nos sacs, une petite ville sympa, cossue (le pétrole comme nouvelle ressource), avec quelques belle traces de la richesse d’antan fondée sur la laine (et l’extermination ‘avec primes’ des populations indigènes qui se mettaient en travers…).

La route vers P.Natales est magnifique dans son aspect de ‘route du bout du monde’ : vastes plaines acides et salées, rondes touffes d’herbe rare appétées par les moutons épars, finalement assez nombreux ; de temps en tps une lagune, avec meme quelques flamands roses : on dirait l’altiplano mais au niveau de la mer et plutôt plus vert que jaune. Et tout le long de la route, des barbelés sur la prairie : impressionnant. Dommage que la carte extension mémoire ne souhaite plus, provisoirement, que je photographie... Ca fait aussi penser à l’Ecosse des lointaines highlands, et d’ailleurs Punta Arenas est à 53 de latitude sud, Ushuaia à 55, soit la meme, inversée, que Glasgow. C’est donc, pour Sue et moi, le point le plus austral que nous ayons atteint, à égalité toutefois avec le sud de la Tasmanie (53 sud également). Voici maintenant quelques arbustes, puis de plus en plus, mais bientôt ce ne sont que branches mortes parfois rassemblées en tas comme une préparation à mise en culture, et puis aussi de petits arbustes couverts de lichen pendouillant.

Finalement, pas une goutte de pluie pendant ces 3h de route. De temps à autre le ciel s’est obscurci mais c’est le soleil qui est sorti vainqueur… Et comme dans le bus, tout neuf on ne sent pas le froid…

Et puis voici Puerto Natales, toute petite ville perdue dans l'immensité australe, cernée par deux chaines de montagne et un bout de Pacifique, mais qui a une excellente pizzeria où nous dinons d’une soupe bien chaude, suivie de quelques fruits à l'hôtel : El Mirador, encore une maison de papier grossièrement trop chère mais pile en face du Terminal des bus, curieusement redevenu Rodovario…