17 dec - Pto Natales - El Calafate (2)

Bus, arrêt à la frontière chilienne, où un policier sensible a affiché la photo de son chien décédé...

      

      

Arrêt à l afrontière argentine, où un panneau rappelle un des traumatismes argentins

      

5h de bus à travers la pampa patagone

      

 

7h pile, assis à notre petit dej nous voyons par la fenêtre les bus touristiques - énormes coléoptères avec leurs rétroviseurs protubérants comme deux antennes frontales - arriver à vide, se garer, se remplir et partir. Bientôt c’est notre tour, et, à peine assis, ça commence autour de nous : Where are you from ? Where are you going ? How long have you been here ? Ach, hier nous safons fu tes zentaines de zi-layonn’s ! Et nous on a vu 34 pingouins ! I don’t speak Spanish, I’m from Korea… etc…etc…etc… Conversations insipides, conventionnelles, artificielles, bref casse-pieds ! Et si encore ils parlaient moins fort, mais non ! Ils sont si contents de pouvoir montrer leur appartenance, mais aussi leurs singularités (ou ce qu’ils croient en être), qu’ils les clament et les déclament, et surtout avec force éclats de rire… Insupportable. Heureusement, ils finissent par fatiguer et tomber endormis … avant de recommencer à la moindre occasion avec le premier venu !

Tres vite c’est la frontière. Nous quittons le Chili après 15 jours et 4000 km de parcours… Robin LB trouve que c’est « le plus beau pays du monde ». Maybe, maybe not (comme dit Benjamin). Mais en tout cas c’est le plus long, le plus étroit, et certainement le plus diversifié : désert, volcans, lacs, glaciers, montagnes, prairies, plages,…

Un autre trait caractéristique du Chili est la grande présence des noms anglais, qu’on rencontre, littéralement, à tous les coins de rue : O’Higgins, McKenna, Atkinson, North, Paine, MacLain, Darwin,… Explorateurs, ingénieurs (mines, chemins de fer, laine,…), investisseurs (salpetre), ils sont venus à titre individuel mais ont marqué l’histoire du Chili. Le cas de O’Higgins est particulier : il faut remonter à son grand père pour retrouver l’anglitude, son père étant celui qui a effectué le saut de l’Atlantique, lui-même étant né au Chili et ayant été le Bolivar chilien dans la lutte pour l'indépendance ; le pays le lui rend bien car le moindre hameau a son avenida, sa calle ou sa plaza O'higgins.

Et revoilà l’Argentine, donc ! Avec, pour commencer, les vastes étendues de la Meseta de las Vizcachas (600m d’altitude) : 300km de rien, de steppe sans fin. Mais sous le soleil… Merci à l’application météo ‘Tiempo’ qui nous a influencés dans nos décisions  ! Bon, c’est vrai qu'il y a un vent de face dingue... Et puis c’est pas tout à fait vrai qu’il n’y a rien dans cette pampa : nous avons vu plusieurs nandus (cousins de l’emu d’Australie) ainsi que plusieurs vigognes (cousins sauvages des llamas), tous isolés, perdus dans l'immensité…

Et puis, au détour d’un virage, on plonge tout à coup dans une grande dépression, tout aussi vaste, vide et aride, mais au fond de laquelle brille dans le lointain, au pied de montagnes enneigées, les eaux turquoise du Lago Argentino. Pas de baignade prévue cet aprèm...

Tiens le Terminal de bus n’est plus en centre-ville, mais en rase campagne… Bon, tant pis, nous marcherons. D’abord les billets pour demain. Punaise, ça a triplé depuis 3 ans ! Triplé !! Et ça n’est que le bus pour les 80km… Après ça il faudra payer l'entrée dans le parc…

Donc c’est l’arnaque. C’est comme le Machu Picchu. C’est l’arnaque. Ca coupe l’envie de voir ce qui est écrit sur les billets. Trop d’organisation, trop de monde, trop d’arnaque. En fait, ce n’est même pas l’objet de la visite que les gogos cherchent, c’est juste de pouvoir dire “ je l’ai vu ! », « j’y étais ! ». Lamentable. Et lamentable de notre part d'être tombés dans le panneau.

Donc, nos billets en poche pour demain 13h (l'aprèm le glacier a ‘réchauffé’ et il se casse mieux…), demain qui est ‘le meilleur jour météo’ selon ‘Tiempo’, nous marchons. Nous marchons vers le centre ville, mais dans un vent incroyable, constant, et en sens contraire. Inutile de dire que le choix d’un hôtel parmi les deux, voisins l’un de l‘autre et sélectionnés par Sue, va vite et nous sommes donc à Cabanitas, pas loin du centre.

Une pizza et un grand tour plus tard, nous sommes de retour pour une soirée calme. Et courte !