Aujourd’hui est une grande date : c’est notre 81ème jour de voyage, un jour au-delà de notre plus longue virée (TdM 2013)… et donc plus que 20 jours et nous serons à la maison !

 

La journée d’hier restera parmi les souvenirs forts de l’AmeSud, à la fois pour cette incursion non-violente dans le monde sans artifice des mammifères marins - meme s’il manquait les orques (rassasiées de bébés phoques ?) et les baleines (toutes reparties en groupe quelques jours plus tôt) – et aussi pour le plaisir que j’ai pris à réaliser un autre vieux rêve : celui de conduire longtemps, longtemps, longtemps à travers la pampa* – 500km au lieu des 2000 envisagés, ça devrait me suffire pour un bout de temps...

 

Et nous voici ce matin dans un nouvel avion, à destination de Buenos Aires. L’occasion de reprendre la révision de la leçon d’histoire sur l’Argentine.

 

En fait la « longue nuit des généraux » n’a pas duré près de 20 ans mais moins de 10, et si elle a paru si longue c’est que les exactions, arrestations, tortures et disparitions ont été horriblement nombreuses (38 000 au total, dont beaucoup par projection en pleine mer à partir d’un avion...). Nous nous souvenons tous des manifs des ‘mères de Mai’, mères de disparus sur la plaza de Mayo, qui, parait-il, continuent encore aujourd’hui (tous les jeudis)…

 

C’est grâce à la défaite de la guerre des Malouines/Malvinas/Falklands (1983), pourtant provoquée par eux comme ‘dérivatif’, que les généraux ont finalement consenti à quitter le pouvoir. Et depuis, la démocratie hoquète, sans cesse tentée par un nouveau Peron mais sans le trouver vraiment, les derniers essais étant ceux du couple Kirchner. Depuis 2 ans, comme déjà dit, les Argentins se sont payé un certain Macri, mais la tache est rude, à la fois économiquement (le pays doit maintenant importer viande et lait !), socialement (grandes inégalités, réforme des retraites,…), écologiquement (soja transgénique, concessions minières,…), et même historiquement (procès et condamnations des crimes passés n’en finissent pas de se poursuivre).

 

Et nous arrivons justement aujourd'hui dans cette capitale ‘hydrocéphale’ (1/3 de la population, ¾ des richesses), en proie aux troubles sociaux quand on l’attendrait plutôt en pleine trêve de fin d'année... M’enfin, veremos !

 

Eh bien justement, pour aujourd’hui, nous avons vu : la situation est calme. Arrivés vers 9h30 après un vol sans histoire, mais avec un temps particulièrement calme et clair qui nous a permis de constater que la pampa argentine est effectivement plate, qu’au fur et à mesure que nous parcourions les 1300 km vers le nord elle devenait de moins en moins vide, que les villes survolées ont un quadrillage de rues absolument orthogonal, que la tuile rouge semble inconnue ici, et que les Argentins ne doivent consommer que du poulet aux tomates tellement les batteries et les serres sont nombreuses autour de la capitale.

 

Nous avons pris possession de notre studio au 6ème étage du 2862 de la Calle Paraguay. Pas mal, un peu bruyant malgré le ‘double vitrage’, premier exemple de tout le voyage ! Quelques courses alim au supermercado Coto, tout proche, où nous avons payé hors TVA !! Déjeuner dans notre kitchenette, sieste, puis grande tournée dans notre quartier, Recoleta, avec les premières impressions ou découvertes suivantes :

  • découverte d’une ville très animée (la date jouant sans doute un certain rôle), et dans l’ensemble un peu vieillotte, voire même un peu négligée ici ou là ; mais bien sur il faudra voir d’autres quartiers car le grand BA ce sont 13 Mhab (1/3 de la population !) regroupés sur près de 200 km le long de l’estuaire de la Plata ;
  • beaucoup d’arbres (platanes, jacarandas,…) le long des rues, circulation à peu près disciplinée, et existence d’un métro (el Subte) où nous achetons une carte pour deux (la Sube)...
  • nombreux lieux ou bâtiments insolites, soigneusement repérés par Sue, en particulier la somptueuse librairie El Ateneo qui occupe un ancien théâtre du 19ème, balcons (sujets particuliers), loges (espaces de lecture) et scène (café) compris !
  • impressions à vérifier et/ou approfondir dans d’autres conditions que les présentes : 35 degrés, forte humidité (il y aura un gros orage dans la nuit), légère fatigue des visiteurs…

 

*renseignements pris, pampa ne serait pas un nom de tribu mais signifierait tout simplement ‘terre plate’