Bonne première nuit ´chez nous´. Et puis un diner et un petit dej 'chez soi', c'est autre chose !

Nous essayons ce matin de planifier la vingtaine de jours qui nous restent. Sachant que nous sommes a BA jusqu'au vendredi 29, nous voulons visiter les chutes d'Iguazu, peut-etre une ou deux 'missions jesuites' en route, puis passer 2-3 jours a Sao Paulo, puis autant a Rio, et embarquer le 9 janvier dans le Rio-Paris d'Air France (pas celui qui tombe, l’autre…). Donc, en avant Go Voyages, Decolar.com, Booking.com, voire RentalCars.com... Mais que ce clavier de téléphone est donc petit !

En fin de matinée nous partons chercher notre linge a la laverie au poids du coin et compléter les provisions de bouche. Puis à pied vers le sud jusqu'à un énorme 'shopim', Abasto, visiblement d'un autre âge (art déco ?), mais qui a été entierement retape pour abriter aujourd'hui quelque chose qui ressemble a Parly 2. Deux ou trois courses, notamment pour nous faire expliquer que les mobiles étrangers ne peuvent pas recevoir la 4G mais seulement la 3 et encore quand il fait très beau... Et puis nous cassons une petite croute en essayant de manger ce que les Argentins mangent dans un centre commercial l'avant-veille de Noel, en dehors des McDo, des Burger King et autre KFC... Dur, dur.

Puis Sue nous emmène en métro - une première - jusqu'au Centro, c'est-a-dire en fait jusqu'à l'extrémité ouest de la ville, les anciens docks et le Rio de la Plata. Car BA tourne le dos à son estuaire, et son Centro est excentré. Nous cherchons d'abord la Catedral Anglicana, pour trouver les heures de services de Noel, mais, pas de chance, ce drôle de temple grec est fermé pour la sieste... Tant pis, nous reviendrons, et nous poussons vers la Plaza de Mayo, le vrai centre du Centro, dominée par la Casa Rosada, siege du gouvernement et d'où les époux Peron haranguaient les foules. Mais en marchant sous les arcades pour y arriver, nous sommes victimes… d'une attaque de pick-pocket en règle !

Soudain un jet de liquide jaunâtre, à forte odeur indéfinissable, nous asperge tous les deux par derrière et de la tête aux pieds. Et en même temps un type surgi de nulle part vient nous essuyer avec un paquet de mouchoirs en papier. Nous sommes complètement abasourdis, et extrêmement embêtes de sentir epouvantablement mauvais et d'être tachés partout : mon chapeau, le sac de jour de Sue, nos chemises, nos pantalons, nos chaussettes, nos chaussures ! Et le type frotte, en particulier là où sont nos poches. Et là, Sue, qui a tout compris, réagit. C'est un piège, on se tire. Mais non, tu exagères, regarde comme ce type est gentil. Oui mais la poche à fermeture éclair de mon pantalon est maintenant ouverte ! Bon d'accord, mais tu vois le mal ou il n'est pas, c’est de la parano… Et, le type continuant de nous frotter d’un peu près, je finis par héler un taxi et nous rentrons chez nous, très gênés à l‘arrivée de laisser quelques traces de ‘moutarde’ sur le siège arrière, heureusement compensées par un généreux pourboire.

A l’appart, après être passés sous la douche tout habillés, sac et chaussures compris, Sue consulte Internet et me met le nez sur un article décrivant le ‘mustard scam’ bien connu de BA, qui raconte exactement ce qui nous est arrivé… Heureusement, plus de peur que de mal car il ne nous a rien piqué !

Inutile de dire que, après cet incident, nous n'avons plus le cœur à sortir (il est déjà 17h), et nous nous contenterons d’un petit tour de quartier / apéritif où une glace au maracuja tiendra lieu de vermouth…