‘Potage… potage’. Gros silence de notre part dans l’ascenseur de l’Ibis : pourquoi donc ce couple nous parle-t-il de potage en plein milieu de journée ? Ce n’est qu’une fois descendus que Sue me dit : Ca y est j’ai compris ! Ils nous souhaitaient tout simplement une bonne aprèm : boa tarde ! Ils sont terribles ces Brésiliens, comme les Portugais d’ailleurs, avec leurs apocopes et leurs chuintements : imbittables ! Surtout après 2 mois d’espagnol où (en principe…) toutes les lettres et toutes les syllabes sont prononcées sans surprises. C’est vraiment dommage, parce que, à part cet ‘espagnol mal prononcé’, ils sont vraiment extras ces Brésiliens ! Décontractés, joyeux, souvent hilares, nippés n’importe comment (pour la plupart), ils dégagent une impression de grande confiance en eux, et en leur avenir. On n’a pas ce sentiment, ressenti assez fortement dans les pays hispanophones du continent, de lourd passé non encore digéré, de passé qui ne passe pas, de passé qui divise, qui déchire parfois, et qui empêche de se tourner résolument, et joyeusement, vers l’avenir… Un peu comme la ‘sinistrose française’…  Bon, c’est peut-être un peu rapide comme analyse, un peu socio-politique à 2 balles comme beaucoup de déclarations faites dans ce blog, mais enfin, comme on disait en France avant notre départ, « voilà, quoi ! »

 

Nous sommes donc arrivés hier soir un peu tard (23h), un peu fatigués après cette grosse journée de voyage faite de marche + bus (x2) + frontière (x2) + marche + avion (x2) + taxi depuis 7h du mat, mais très contents de nous retrouver à l’Ibis (bleu) de Consolacao, au 16ème étage (sur 19), et environnés de Brésiliens relax et rigolards. Et il faut dire qu’on est pas mal situés !

 

Sao Paulo, c’est encore une mégapole, un monstre urbain dont on se demande comment il peut fonctionner, et qui fonctionne. 20 millions d’habitants, comme Shanghai, Mexico, Tokyo, Le Caire, et bien d’autres à venir, c’est toute la population de l’Australie dans un cercle de 100km de rayon. Alors pour que ça marche, il faut un découpage en quartiers et un fonctionnement de type fédéral, de très bons transports publics (bus, taxis, métro) et de grands espaces verts. Eh bien Sao Paulo a tout ça. Créé en 1550 sur une petite colline défrichée par deux Jésuites (encore eux), SP est devenue le poumon du Brésil depuis le milieu du 20ème grâce au café, et l’est resté jusqu'à aujourd'hui grâce à l’attraction tous secteurs qu’une grosse planète exerce tout autour d’elle en tournant de plus en plus vite. Tout le monde nous conseillait de ‘passer’ Sao Paulo, et nous avons failli les écouter !

 

Ce matin, donc, réveil libre, suivi de petit dej Ibis Bleu largement supérieur à sa reputation (française), suivi de grande promenade decouverte tout le long de la Paulista sur près de 3km, avec retour en métro - gratuit comme tous les transports publics pour les ‘idosos’ (seniors) sur présentation du passeport. L’avenue Paulista est toujours présentée comme les Champs Élysées de Sao Paulo : grande et large artère centrale NO/SE, bordée de larges trottoirs, de grands magasins, d’agences bancaires, de ‘shoppim’ (centres commerciaux), et de grands et beaux immeubles de 20 étages, elle est parcourue en tous sens par une foule brésilienne sympa et plutôt CSP++. Nous avons pu régler plusieurs choses, dont l’achat d’une ‘tchip’ de 1Go pour une semaine pour 30 reals (7€ !), finalement chez TIM (prononcé Tcheing…) car ni OI ni CLARO n’acceptaient de le faire pour un étranger…

 

Au milieu de Paulista, pile en face du MASP (Musée d’Art de Sao Paulo, hébergé dans un Niemeyer), un trésor : le petit parc du Trianon, dessiné par un Français, un coin de ‘jungle’ au milieu de cet univers de ‘gratte-ciel’. Un carré d’environ 200m de côté, incroyablement ombragé tellement les arbres et arbustes s’y sentent bien, avec des allées pavées de petits fragments de pierre (marbre brut ?), des bancs partout, un grand calme (personne n’y élève la voix) et une atmosphère paisible de repos recherché ou merité.

 

Retour en métro le soir : l’avantage d'être un pays ‘neuf’ c’est que quand on y construit quelque chose on le fait en grand ! C’est vrai pour le métro, mais aussi pour beaucoup d’autres choses.