Combien de ‘cerros’ (collines) compte Valparaiso ? 45 ! Autant dire que, à part le port (de conteneurs, très actif ce matin) et la partie plate adjacente, du 19ème, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, la ville n’est que montagnes russes. Et comme pour bien sentir une ville, pas la connaître vraiment mais la sentir, il faut y plonger et y tourner, nous n’avons pas arrêté aujourd’hui de monter et descendre. Normalement, il existe une vingtaine d’ascenseurs/funiculaires. Mais si on enlève ceux qui ne sont plus en état, et si on se rend compte qu'on est jeudi et que c’est le jour de congé des travailleurs municipaux (…), on imagine la gymnastique de notre journée.

 

Il faut dire que la brume du Pacifique est souvent tenace et ne nous a pas aujourd’hui facilité la tâche. En fait elle ne s’est levée que vers 16h30, et encore pour se déposer à nouveau un peu plus tard. Dommage pour les photos spectaculaires et colorées. Mais cela ne nous a pas empêchés de bien profiter de la ville.

 

Le point d’orgue a sans doute été la visite -hommage à La Sebastiana, la maison de Pablo Neruda. Un peu plus haut que notre hostal, elle bénéficie (normalement) d’une vue superbe. Mais surtout, la boutique souvenirs propose de nombreuses œuvres du poète, certaines traduites en anglais, l’occasion pour tous les deux donc de faire plus ample connaissance avec le maître. Puissance, prolixité, et universalité, semblent caractériser son œuvre. En feuilletant son Canto General et son Machu Picchu, on ne peut qu’acquiescer. En fait, dans un tout autre registre, il me fait penser à Hugo : énergie, ubiquité, popularité, et presque même orientation politique (certes Hugo n'était que républicain, mais 100 ans plus tard il aurait sans doute été communiste…). Poésie chilienne… c'est drôle, le Chili a eu deux Prix Nobel de littérature dans son histoire - Gabriella Mistral (c.1950) et Pablo Neruda (c.1970) - et tous les deux étaient poètes...

 

Avant et après la ‘maison non-bleue accrochée à la colline’, nous avons pris des trolleybus et des bus, et nous avons surtout marché*. Que conclure de notre visite ?

  • Valparaiso a beaucoup de charme avec son étagement au dessus de l'océan, ses petites maisons bariolées, ses rues incroyablement pentues, ses nombreux miradors (points de vue) ;
  • Mais c’est une ville un peu…’en panne’, en attente d’un renouveau qui ne vient pas mais se profile peut-être : le Chili, qui veut être le ‘tigre’ du continent, a quand même besoin d’un port !
  • En attendant, elle ferait bien de se préparer, en retrouvant un peu de propreté, en réparant ses trottoirs (quitte à déplacer la moitié des chiens errants qui y pioncent… profondément) et en retapant ses murs délabrés… sauf bien sur ceux, innombrables, qui sont couverts de fresques… enfin, celles de ses fresques qui le méritent !

 

Dernière conclusion sur la ville : notre hostal, La Maison de la Mer, nous a bien plu, et Clément et Stéphanie, tous deux Gad’zarts, et leurs deux petits garçons, méritent votre visite ; bien situé, propre, calme, pratique, accueillant, La Maison de la Mer arrive très haut dans notre classement.

 

*Pour JF : et sans béquilles...